Les habitués l’appellent toujours « la salle grise », quand bien même elle a été peinte en blanc depuis un moment. Au Musée d’art et d’archéologie du Périgord (Maap), situé à Périgueux, la vaste pièce sous les verrières un peu défraîchies de l’aile ouest s’anime durant l’été.
La Ville a choisi d’y faire coup double. D’abord, en exhumant de ses réserves des tableaux d’Emma Reyes, artiste colombienne du XXe siècle qui s’était exilée à Paris avant de s’installer à Périgueux. Ensuite, avec une exposition pédagogique qui explique le travail de conservateur, ses gestes, ses outils (lire ci-dessous).
Ces deux initiatives sont l’occasion de présenter le vaste projet dans lequel s’est lancée Périgueux depuis des années. À savoir, la construction d’un nouveau Centre de conservation des musées et des archives (CCMA), point de départ de la restructuration du Maap.
Dispersées puis réunies
Face à la boulimie paperassière de l’administration, la question de la conservation des archives se pose à toutes les collectivités de France et de Navarre. Périgueux n’échappe pas à cette loi d’airain et, dès les années 1950, avait essayé d’y mettre bon ordre. Les archives municipales étaient dispersées dans trois lieux : l’ancien Hôtel de Ville, le Maap et le théâtre.
En parallèle, les réserves de Vesunna et du Maap sont devenues obèses
Branle-bas en 1999, la municipalité Darcos a tout centralisé en transmettant les documents antérieurs à 1950 aux archives départementales (sauf l’état civil) et en regroupant les autres, rue Paul-Bert, dans une ex-plateforme logistique agricole. Dix ans plus tard, elle était déjà saturée. D’autant que le musée Vesunna y entreposait une partie de ses réserves (le lapidaire). Le tout dans des conditions problématiques : humidité et températures à l’avenant, moisissures, pas de système incendie…
En parallèle, les réserves de Vesunna et du Maap sont devenues obèses. Alors que 3 000 œuvres sont montrées au public, 57 000 y dorment, soit 95 % du patrimoine. Là aussi, dans des conditions pour le moins aléatoires, notamment au Maap où le moindre recoin, grenier ou cave, sert de remise.

photo fournie par la Ville de Périgueux
Un ancien entrepôt de logistique
Le sujet transcende les équipes qui se sont succédé à la mairie, comme le montre le vote à l’unanimité, en 2022, de l’achat d’un bâtiment situé à Coulounieix-Chamiers pour 500 000 euros. C’est dans cet ancien entrepôt de logistique de 2 500 m² qu’est projetée l’implantation du CCMA.
L’équipe en place dit le plus grand bien de l’endroit – un « bâtiment bien isolé et doté d’une bonne inertie » -, vante l’actuelle exposition qui lui est dédiée au Maap. Mais l’opposition est plus mesurée, parlant d’amiante, d’isolation à refaire ou de toiture fragile lors du Conseil municipal du jeudi 29 mai. Ce qu’a balayé l’élu à la culture Rodolphe Delcros, l’accusant de vouloir « affoler la galerie ».
Pour l’heure, le bâtiment combine des magasins de conservation avec des salles de tri, de pilon, de quarantaine, de consultation, de médiation… À terme, y afflueront les fonds anciens entreposés aux Archives départementales et les documents contemporains situés rue Paul-Bert. Les réserves de Vesunna et du Maap seront entreposées dans des pièces dédiées, selon les nécessités pour leur bonne conservation : vestiges anthropobiologiques, archéologie, sculptures et mobiliers, tableaux, grands ou petits gabarits…
Comme à Épernay
L’ensemble s’inspire de ce qui a été fait dans la ville d’Épernay (51), objet d’un voyage d’études des élus en novembre 2024. La commune de la Marne a pu réhabiliter son Musée du vin de Champagne et d’archéologie régionale après avoir construit un centre de conservation pour les réserves. Une fois ce dernier ouvert, la Ville a pu entreprendre la restauration du musée qui n’était plus encombré de ses réserves.
Le même schéma est imaginé à Périgueux. Une fois le Centre de conservation des musées et des archives ouvert, la municipalité compte entreprendre la réhabilitation du Maap. « C’est la finalité », confirme le maire, Émeric Lavitola. Heureux hasard, la Ville a recruté Gaëlle Gautier pour coiffer ses musées, ancienne conservatrice à Épernay. Au-delà de la muséographie future, ces travaux permettront de conformer le Maap aux standards actuels, notamment d’accessibilité aux handicapés.
Dans les années 2030
La mairie de Périgueux compte retenir l’équipe en charge de la maîtrise d’œuvre en 2026, qui devra finaliser le projet de CCMA d’ici 2027. Les travaux débuteront alors : ils sont censés être finalisés en 2028. En parallèle et jusqu’en 2028 aussi, les œuvres et objets d’art devront être préparés et stabilisés en vue de leur déménagement, imaginé en 2029.
À noter que cette chronologie enjambe les élections municipales de 2026.
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