, Quels trésors se cachent aux Archives de la Vendée

Quels trésors se cachent aux Archives de la Vendée

C’est un mot qu’il emploie avec prudence. « Le trésor de l’un n’est pas forcément le trésor de l’autre », glisse Cyril Longin, directeur des Archives départementales de la Vendée. Pour lui, pas de coffre en or, mais des documents qui prennent sens pour celui qui les cherche.

« Il y a potentiellement 35 km de trésors, ici. Mais c’est subjectif : ce qui compte, c’est ce que ces documents racontent de nous, de nos racines, de notre histoire. »

Cyril Longin, directeur des Archives départementales

Installées en plein cœur de La Roche-sur-Yon, les archives départementales conservent l’équivalent de 35 kilomètres linéaires de documents. Une partie (seulement) est visible en ligne.

35 km d'archives
 Les archives de Vendée contiennent l’équivalent de 35 kilomètres linéaires de « potentiels trésors ». ©Lou Van Cauvenberghe

A ce jour, 6 millions de documents sont disponibles gratuitement sur le site internet des archives de Vendée, qui a enregistré près d’un million de visites en 2024.

« Beaucoup de collègues de Cyril sont jaloux », taquine Guillaume Jean, maire de Mallièvre et président de la commission Culture, patrimoine et relations internationales du département de Vendée.

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Une numérisation pionnière en France

La Vendée fait donc figure de référence dans la numérisation des archives. Depuis plus de 30 ans, elle investit pour rendre ses fonds accessibles à distance.

La numérisation permet de protéger les originaux, d’éviter leur manipulation trop fréquente et de valoriser les documents les plus fragiles ou les plus consultés. Mais ce travail colossal ne concerne qu’1 % du total conservé.

L’accès aux documents en ligne est strictement encadré par la loi. Les registres de naissance ne sont consultables qu’au bout de 100 ans, les dossiers médicaux après 120 ans « pour être sûr que la personne soit décédée avant de communiquer ses données », explique le directeur.

Pour les passionnés de généalogie, il y a aussi l’outil collaboratif unique en France baptisé Noms de Vendée, créé et alimenté par des bénévoles du monde entier, en relation avec le service des archives. Il a permis de transcrire et de mettre en ligne les actes avec une extrême fiabilité.

Minutes notariales, travaux d’érudits, matricules militaires et de marins… ont ainsi rejoint la base de données en ligne.

Bonchamps, le général du pardon

Le pardon de Bonchamps
Avec ce « passe-droit », Bonchamps libère 5 000 prisonniers républicains. ©Lou Van Cauvenberghe

Parmi les documents les plus rares conservés figure un billet signé de Charles de Bonchamps, général vendéen.

Mortellement blessé à Cholet en octobre 1793, il ordonne la libération de 5 000 prisonniers républicains. Un geste exceptionnel dans le contexte des guerres de Vendée, alors que les représailles sont souvent sanglantes.

Cette note manuscrite, précieusement conservée, est l’un des rares témoignages directs d’un événement tragique et fondateur de l’histoire locale.

Louis XIV et l’hôpital de Luçon

Lettre de Louis XIV
La lettre de Louis XIV signant la création de l’hôpital de Luçon en 1679 est un document rare pour un département qui n’a que 235 ans. ©Lou Van Cauvenberghe

Autre trésor : une lettre royale datant de 1679, signée de la main de Louis XIV. Elle officialise la création de l’hôpital de Luçon. Si le roi ne l’a pas écrite lui-même, sa signature figure au bas du document, accompagnée d’un sceau royal en cire verte.

Restaurée par un expert et numérisée, elle rejoindra bientôt les collections accessibles en ligne.

Ce type de document est rare en Vendée : avant la Révolution, le département de la Vendée n’existait pas encore et dépendait du Bas-Poitou, ce qui limite la présence de fonds anciens.

Un jeu de cartes pour les poilus

Cartes postales de poilus aux archives départementales de Vendée
Ce jeu de cartes… postales a la particularité d’être complet. ©Lou Van Cauvenberghe

Pendant la Première Guerre mondiale, l’armée française distribuait à ses soldats un jeu de cartes… à double usage.

Chacune était aussi une carte postale. Les Poilus pouvaient écrire à leur famille sur le dos, ou conserver les cartes pour jouer dans les tranchées. 

Ce jeu « a l’originalité et la richesse d’être complet, ce qui est rarissime ». L’un d’eux a préféré le garder intact.

Transmis par une famille, il est aujourd’hui conservé aux archives. Témoignage émouvant d’un quotidien de guerre, entre silence et distraction.

Une scène de crime en aquarelle

Une scène de crime en aquarelle aux Archives départementales de Vendée.
L’aquarelle de la scène de crime du dernier guillotiné de Vendée est consultable en ligne. ©Lou Van Cauvenberghe

Dans une autre boîte de conservation en pH neutre, c’est une aquarelle qui attire l’œil. Elle représente la scène du dernier crime capital jugé en Vendée.

En 1882, Jules Barbier, ouvrier, tue son patron et la fille de celui-ci à Saint-Vincent-Sterlanges.

Le dessin montre les corps, les traces de sang et même les pas du meurtrier.

Réalisé par deux ingénieurs, ce document rare marque les prémices de ce que deviendra la police scientifique. Barbier sera guillotiné quelques mois plus tard : c’est la dernière personne condamnée à la peine capitale en Vendée.

Un ruban pour ne pas oublier son enfant

Dossier d'adoption archives départementales de Vendée
Le petit bout de ruban est le seul lien qu’il restait entre une mère et son enfant lors d’un abandon. ©Lou Van Cauvenberghe

Dans les dossiers d’abandon du XIXe siècle, il n’est pas rare de trouver un morceau de tissu. C’était la seule chose que gardait une mère pour pouvoir, un jour, retrouver son enfant confié à l’assistance publique. L’enfant possédait l’autre bout de tissu autour de son poignet au moment de son abandon.

Les deux morceaux, identiques, devaient permettre de réunir la mère et l’enfant, « si des remords étaient éprouvés ». Ces bouts de tissus ainsi que les dossiers d’adoptions sont précieusement conservés. 

Les cahiers des Gilets Jaunes

Cahiers de doléance des Gilets Jaunes
Les cahiers de doléance des Gilets Jaunes des 193 communes sont conservés aux archives. ©Lou Van Cauvenberghe

Les archives collectent aussi les récits de notre passé plus récent.

En 2019, à la suite du mouvement des Gilets Jaunes, le gouvernement lance le Grand Débat national. Partout en France, les mairies ouvrent des cahiers de doléances.

En Vendée, 193 communes transmettent leurs cahiers, remplis à la main, parfois signés, parfois illustrés.

Ils sont désormais librement consultables.

Ce témoignage brut d’un instant politique, rejoignent à leur tour les étagères de cette mémoire collective.

Une mémoire vivante et sensible

« Il y a ceux qui viennent ici pour faire une thèse, d’autres pour retracer leur arbre généalogique ou retrouver l’histoire d’un aïeul oublié », résume Cyril Longin.

Et il y a aussi ceux qui se laissent simplement guider par le personnel des archives.

Derrière chaque boîte, chaque registre, chaque ruban, il y a une vie, un souvenir, une histoire.

Les archives ne brillent pas toujours, mais elles nous tendent un miroir. Celui d’une société qui évolue, d’un territoire qui se souvient, et d’un peuple qui cherche la vérité dans le passé.

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