
Le maire toulousain Étienne Billières transforma durablement la ville entre 1925 et 1940. Soutenu par une équipe populaire, il fit naître écoles, cités-jardins et équipements modernes.
Lors d’un récent entretien, Rémy Pech, professeur émérite d’histoire à l’université Toulouse-Jean-Jaurès, a évoqué la trajectoire politique et humaine d’un maire injustement méconnu : Étienne Billières. À la question de savoir si son parcours est exemplaire, la réponse de l’historien est immédiate : « Vous savez, il n’y a eu que deux hommes politiques élus trois fois au premier tour à la mairie de Toulouse : Dominique Baudis et Étienne Billières… c’est un signe, non ? »
Pourtant, à partir de 1925, le contexte politique n’était pas favorable : tensions entre socialistes – de la SFIO, précise Rémy Pech – et radicaux soutenus par La Dépêche ; croissance rapide d’une ville en pleine industrialisation, confrontée au manque de logements, d’équipements scolaires, sportifs et culturels ; chômage massif et montée du nazisme et du fascisme. Pour comprendre les clés de sa réussite, l’historien souligne son ancrage populaire à Saint-Cyprien et rappelle qu’il mena une liste représentative, comprenant treize employés et sept ouvriers sur trente-six élus — une véritable mixité sociale érigée en modèle de gouvernance.
Un bâtisseur visionnaire pour une ville en mutation
Sous son impulsion, une équipe d’adjoints compétents lança un ambitieux programme pour améliorer la vie des classes populaires dans « une cité prospère, douce et agréable ». Le maire obtint de larges crédits publics grâce à des emprunts judicieux et s’entoura d’architectes talentueux, soucieux d’allier fonctionnalité et esthétique, visible encore aujourd’hui dans le paysage urbain.
Quinze groupes scolaires, plusieurs cités-jardins et de vastes ensembles voient alors le jour, transformant durablement le visage de Toulouse : Bonnefoy, les Sept-Deniers, les abords du Grand Rond… Le Parc toulousain se dote, dès 1931, d’un complexe sportif sans équivalent en Europe : stadium municipal, piscines, terrains de tennis, basket ou pelote basque.
Parmi ces réalisations, Rémy Pech retient surtout la Bibliothèque municipale, aujourd’hui du Patrimoine, construite par Jean Montariol dans le style Art déco, rue du Périgord. Pouvant accueillir 300 lecteurs, elle fut décorée par de grands artistes comme Parayre, Bouillère, Clerc ou Saint-Saëns. L’historien conclut en regrettant que la mémoire de Billières se soit estompée, malgré une avenue et une école qui portent son nom : « Gageons que les défis du temps présent sauront raviver le souvenir de ce grand bâtisseur, dont la sincérité et la générosité forcent mon admiration. »
Rémy Pech ravivera bientôt ce souvenir lors d’une conférence organisée par l’association du Quartier Chalets-Roquelaine, où il présentera son dernier ouvrage, 1925, Étienne Billières, un maire visionnaire au Capitole, paru aux Éditions Midi Pyrénéennes.
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