, L’oeil des archives 1944-1999 : l’histoire du « pont de l’amitié » entre Schwerdorff et Fürweiler

L’oeil des archives 1944-1999 : l’histoire du « pont de l’amitié » entre Schwerdorff et Fürweiler

Le pont de l’amitié entre Schwerdorff et Fürweiler

[article du Républicain Lorrain, 23 septembre 1994]

Après dix-sept années de démarches, les maires des villages de Schwerdorff (France) et Fürweiler (Sarre) ont obtenu que leurs Etats respectifs reconstruisent le pont qui les reliait jusqu’en 1944. La convention sera signée samedi par le Préfet de Région et son homologue sarrois.

Cinquante ans après sa destruction, le pont du Diersdorferbach, qui reliait le village français de Schwerdorff (près de Bouzonville) à celui de Fürweiler en Sarre sera reconstruit. Une convention administrative franco-sarroise sera signée le 24 septembre par le Préfet de Région M. Benmebarck et le Ministre de l’Intérieur du Land de Sarre, M. Lapple. Le pont sera financé pour moitié par l’Etat français, pour moitié par la Sarre, au titre des dommages de guerre. Cette signature est l’aboutissement d’une longue histoire faite de démarches et… d’amitié entre les peuples.

En novembre 1944, face à la poussée américaine (le 712e bataillon de chars de la 90e Di­ vision d’infanterie US s’approche de la frontière) le pont sur le ruisseau Diersdorferbach, appelé pont n° 448, était détruit par les Allemands. S’il n’est guère comparable au fameux pont de Remagen, ce tout petit ouvrage d’art avait une importance capitale pour certains : il reliait les deux communautés villageoises de Schwerdorff et Fürweiler, lesquelles formaient une même paroisse catholique, une même communauté humaine, liée, malgré la césure administrative, par la même culture. La plupart des familles ont des parents de part et d’autre du ruisseau frontière et un kilomètre à vol d’oiseau sépare ces deux villages.

Depuis la destruction du pont, les riverains doivent passer par l’annexe d’Otzviller, sur un chemin long de 3 km. Une passerelle de fortune, tendue entre les deux piles du pont 448, réduites à l’état de ruines, permet à ceux qui ont le sens de l’équilibre de franchir le ruisseau. Le pont sur le Diersdorferbach va être reconstruit, grâce à l’opiniâtreté des deux maires concernés (M. Pierre Divo, de Schwerdorff et M. Schellenbach, ancien « Ortsvorsteher » de Fürweiler), la bonne volonté des élus sarrois et l’intervention conjuguée de plusieurs élus lorrains.

Beaucoup d’encre

S’il a vu couler beaucoup d’eau sous son unique voûte, depuis sa construction au XVIIe siècle, le petit pont a fait couler beaucoup d’encre. A lui seul M. Divo a écrit une centaine de lettres pour effectuer les démarches et nouer les contacts nécessaires. Elu en 1977, M. Divo écrivit au sous-préfet de Boulay au mois de février. Puis il lui fallut convaincre les Allemands.

« En 1990, se présenta une chance inouïe : M. Rausch, sénateur-maire de Metz devenait Ministre.  Sans le connaître personnellement, je lui demandai par courrier de soutenir ma demande » explique le maire, qui ne tarit pas d’éloges sur l’élu messin qu’il appelle « la locomotive du projet » et sur Mlle Hinsberger, sa secrétaire : « Elle connaît le dossier des dommages de guerre sur le bout des doigts » souligne M. Divo, admiratif.

Grâce à l’intervention de M. Rausch, puis après une visite de M. Divo à Paris où il rencontra le bras droit d’Edith Cresson, alors Premier Ministre, le pont s’est reconstruit peu à peu dans l’imagination des élus impliqués dans cette aventure. D’une largeur de 4,6Om, le nouveau pont sera fait en béton, et comprendra un trottoir de chaque côté. Les véhicules routiers pourront l’emprunter. Les travaux débuteront au début de l’année prochaine.

Tressard, sous-préfet de Boulay, s’est déplacé quatre fois déjà pour organiser la cérémonie du samedi 24 qui aura lieu à 15 h en mairie de Schwerdorff en présence de nombreuses personnalités : le sous-préfet de Boulay et son homologue sarrois ; M. Rausch ; M. Donjon de Saint Martin, directeur départemental de l’Equipement ; M. Le colonel Pasquereau, commandant le groupement de gendarmerie de la Moselle, de nombreux députés, maires et sénateurs. Toutes les associations locales, les écoliers, les pompiers seront mobilisés. Les 387 habitants du village qui comporte les annexes de Otzviller et Cottendorff seront sur leur 31, leurs amis et voisins de toujours, de Fürweiler, aussi.

Christine LECLERCQ

Dessin de l'ancien pont au XIXe s, par l'abbé Touba

Dessin de l’ancien pont au XIXe s, par l’abbé Touba

Le pont entre Schwerdorff et FürWeiler existe déjà sur le papier

[article du Républicain Lorrain, 24 septembre 1994]

Détruit en 1944, le petit pont qui reliait Schwerdorff au village sarrois de Fürweiler, sera reconstruit. Hier, la France et la Sarre ont signé la convention administrative, premier jalon du nouveau pont.

Schwerdorff, pittoresque village frontalier de 387 habitants, était hier « sur son 31 « . Et pour cause, le pont n° 448 va être reconstruit. Hier, le préfet de la Région Lorraine, M. Benmebarek, et M. Läpple, Ministre de l’Intérieur du Land de Sarre, représentant le Ministre président sarrois, ont signé, devant de nombreux villageois et devant de nombreuses personnalités, la convention administrative qui scelle la reconstruction du pont : l’ouvrage sera financé par la France et la Sarre, au titre des dommages de guerre. Un peu d’histoire : en novembre 1944, face à la poussée des Alliés (le 712e bataillon de chars de la 90 Division d’infanterie US s’approche de la frontière), les Allemands font sauter le petit pont sur le ruisseau « Diersdorferbach », un pont formé d’une seule voûte en pierres de taille, dont une pile se trouvait en France et l’autre en Sarre. S’il n’avait aucune importance stratégique, le pont 448 avait une importance capitale pour les communautés villageoises qui vivaient de part et d’autre du ruisseau : le village de Schwerdorff et celui de Fürweiler en Sarre. Deux villages qui formaient une seule com­munauté humaine et même une seule communauté paroissiale puisque les ouailles, Français et Allemands réunis, s’asseyaient sur les mêmes bancs d’église le dimanche à la messe pour écouter le sermon du même prêtre.

L’avenir

Depuis sa destruction, le petit pont du « Diersdorferbach » n’est plus le trait d’union entre les deux villages. Pour rallier Fürweiler, les habitants de Schwerdorff doivent faire un détour de plusieurs kilomètres par le hameau de Otzviller, annexe de Schwerdorff. Avant de laisser les représentants des Etats signer la convention administrative, M. Pierre Divo, maire de Schwerdorff, rappela les multiples démarches entreprises pour obtenir la reconstruction, démarches d’élus, de hauts fonctionnaires de part et d’autre de la frontière, démarches qui n’auraient sans doute pas abouti sans l’aide de M. Rausch, Ministre et maire de Metz. « Plus le temps passait, moins on y croyait» avouait-t-il, mais lorsqu’il fut reçu, avec son adjoint M. Bernard Gehl, par M. Rausch, alors Ministre de la Poste, présent hier à la cérémonie, un tournant s’amorça. Grâce à l’aide des sous-préfets de Boulay M. Cau et son successeur, M. Tressard, « ce pont de la fraternité, de l’amitié entre les peuples, ce symbole de la paix put enfin voir le jour» soulignait-il encore, avant de céder la parole au Ministre de l’Intérieur sarrois, M. Läpple.

Dès 1952, un accord fut conclu par l’Allemagne et la France concernant la reconstruction des ponts frontaliers financés pour moitié par chaque Etat au titre des dommages de guerre. « La reconstruction du pont 448 sera la dernière étape dans le processus de ré­paration des dommages de guerre » précisait le Ministre sarrois. Il expliqua combien il est important que les idées européennes trouvent un aboutissement concret dans les faits, afin d’entretenir de bonnes relations d’amitié entre les états européens. Le pont 448 et la bonne volonté de part et d’autre de la frontière lui donnèrent un exemple éclatant. Pour le préfet de la Région Lorraine, l’exemple de Schwerdorff est sans doute la meilleure façon de commémorer le cinquantenaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. « Quelle meilleure façon que de jeter un pont » expliquait-il « un pont qui est à lui seul un sym­bole et un pari sur l’avenir ». Il souligna combien la France et l’Allemagne souhaitent encore jeter d’autres ponts dans le domaine de la coopération entre les deux peuples. Dans sa mairie, nouvellement aménagée par les bénévoles de la commune, le maire de Schwerdorff avait hier après-midi de bonnes raisons d’être fier.

Un bon traducteur

S’il avait pensé à tout, en invitant de nombreuses personnalités et en demandant à ses administrés de tout faire pour que ce jour soit une réussite, le maire de Schwerdorlf avait omis de désigner un traducteur, une personne capable de traduire en allemand, les propos du Préfet et de traduire en français le discours de M. Lapple. Il demanda à M. Bohl, sénateur-maire de Creutzwald, qui parle couramment la langue de Goethe de « sauter dans la brèche » et de faire office d’interprète. M. Bohl s’en sortit avec brio. Le Préfet, admiratif lui donna une note de 18/Z0. Il en profita pour souligner aussi l’importance du bilinguisme, élément essentiel de la compréhension entre les peuples.

Pierre Divo devant une pile du pont, en Sarre

Pierre Divo devant une pile du pont, en Sarre

Schwerdorff et Fürweiler vont retrouver leur pont

[article du Républicain Lorrain, 24 avril 1997]

Détruit en 1944, le petit pont qui reliait Schwerdorff au village allemand de Fürweiler va enfin être reconstruit. Le bout du tunnel pour les deux communes qui depuis 20 ans s’activent pour régulariser leur liaison.

« Il y a vingt ans, presque jour pour jour que débuta l’histoire de ce pont chargé de renouer les liens affectifs, traditionnels voire économiques de deux communes sœurs. Dès mon élection aux fonctions de maire en 1977, j’avais en effet décidé avec le conseil municipal d’alors d’entreprendre toutes les démarches nécessaires en vue de la reconstruction dudit pont. Je ne m’imaginais pas que nous nous retrouverions ici en cette mairie presque un quart de siècle plus tard, et plus de 50 ans après la guerre, pour enfin décider de sa construction prochaine ». Pierre Divo, maire de Schwerdorff, cache difficilement son émotion. Pensez, le pont, « son » pont, est en passe de se matérialiser. Quelques instants plus tard, en mairie de Schwerdorff, Paul Laville, sous-préfet de Boulay, va en effet signer la convention scellant la résurrection du « pont 448 ». Une signature qui sera paraphée en présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles le député de la circonscription, Jean Kiffer, Clément Larcher, conseiller général, et Jacob Elmar, responsable du service route au Ministère de l’Environnement et des Transports de la Sarre. Lequel transmettra le précieux document au ministre de l’Intérieur sarrois, Friederisch Läpple, appelé à signer à son tour. Après, ce sera au tour des pelleteuses d’entrer en jeu. Mais avant cela, un petit rappel historique s’impose.

Deux communes restées proches

En novembre 1994, face à la poussée des Alliés, les Allemands font sauter le petit pont sur le ruisseau Diersdorferbach. C’est un pont formé d’une seule voûte en pierres de taille, dont une pile se trouvait en France et l’autre en Sarre. S’il n’avait aucune importance stratégique, le pont 448 avait une importance capitale pour les deux communautés villageoises, Schwerdorff et Fürweiler, qui vivaient de part et d’autre du ruisseau. Deux communes qui, comme l’a rappelé Pierre Divo, sont « toujours restées très proches. Aujourd’hui encore » a-t-il poursuivi, « notre cimetière nous remémore les noms issus de ceux issus du pays voisin. Au fil des années, des unions se sont scellées, des familles sont nées, et même les terres agricoles situées sur les bans respectifs sont exploitées par des agriculteurs d’ici et de là-bas. Bref, entre nos deux villages, il n’y a pas de frontières ».

Début des travaux cet automne

Pourtant, si la convention administrative concernant ce pont a bien été signé en septembre 1994, ici même, par le préfet de l’époque, M. Ben Mebareck, et par M. Läpple, ministre de l’Intérieur sarrois, le dossier a quelque peu traîné. Un retard qui incombe au côté français, qui aurait d’après les explications officielles « égaré sa part de financement dans une ligne du budget… » « Le projet a de nouveau été reporté quand ce même projet, initialement chiffré à 900 000 F, a été estimé à 1,2 MF par les entreprises ayant répondu à l’appel d’offres », a pour sa part rappelé Paul Laville. Finalement, grâce aux conseils éclairés des services de la DDE, les partenaires du projet ont opté pour un pont sensiblement différent de celui initialement prévu.

Un pont dont le financement ne saurait cette fois-ci dépasser les 900 000 F. « Les premiers coups de pioche devraient logiquement intervenir cet automne », a affirmé le sous-préfet après avoir enregistré l’accord de principe des autorités allemandes. « Nous parlons tous de construire l’Europe, alors commençons-la chez nous et donnons un symbole à notre jeunesse », a conclu le maire de Schwerdorff.

Qu’y a-t’il effectivement de mieux qu’un pont entre deux villages, entre deux pays, pour symboliser la fraternité, l’amitié et surtout la paix ?

Olivier MENU

Position géographique du pont (Photo DR ViaMichelin)

Position géographique du pont (Photo DR ViaMichelin)

Le pont de l’amitié inauguré hier

[article du Républicain Lorrain, 16 mai 1999]

Détruit en 1944, le petit pont qui reliait Schwerdorff au village allemand de Fürweiler a été reconstruit et inauguré avec faste hier par Mme Malgorn, préfet de région et M. Läpple, ministre de l’Intérieur de la Sarre.

En novembre 1944, face à la poussée des Alliés, les Allemands décident de faire sauter le petit pont surplombant un ruisseau, le Diersdorferbach. C’était un pont formé d’une seule voûte en pierres de taille, dont un pilier se trouvait en France et l’autre en Sarre. S’il ne revêtait aucun caractère stratégique, le pont 448 avait une importance capitale pour les deux communautés villageoises qui vivaient de part et d’autre du ruisseau, Schwerdorff et Fürweiler. Après la guerre et pendant de nombreuses années, les villageois de part et d’autre du ruisseau franchissaient celui-ci à gué.

Malheureusement au fil des années, les broussailles et les ronces ont envahi tout le site et rendu le passage impraticable. De part et d’autre de la frontière, on espérait et souhaitait la reconstruction de ce pont qui rendait autrefois les populations si proches. Mais plus le temps passait, plus l’espoir s’amenuisait et plus personne n’osait croire à ce rêve. Des raisons tantôt techniques, tantôt financières, des problèmes d’ordre international ou des considérations écologiques empêchaient l’aboutissement du projet. Finalement, après des efforts sans cesse renouvelés, M. Benmebareck, préfet de la région Lorraine et M. Läpple, ministre de l’Intérieur sarrois, signent en septembre 1994 la convention administrative qui permettra la reconstruction du pont. Financés pour moitié par l’Etat français et pour autre moitié par la Sarre, les travaux de reconstruction, réalisés par l’entreprise Muller Frères de Boulay, ont démarré en 1998.

Ce pont, baptisé « pont de l’amitié » a été officiellement inauguré hier par Bernadette Malgom, Préfet de la Région Lorraine et M. Läpple, en présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles André Bohl, sénateur-maire de Creutzwald, Jean-Marie Rausch, senateur-maire de Metz, Jean-Pierre Prêtre, sous-préfet de Boulay, Clément Larcher, conseiller général, Brigitte Renn, conseillère régionale ou encore Martin Silvanus, maire de Rehlingen-Siersburg. Après avoir procédé à la bénédiction du calvaire parle curé Goby et son homologue de Furweiler, l’abbé Bildsdorfer, le cortège s’est ensuite redu jusqu’au pont où les attendaient déjà l’harmonie de Gerlfangen, les élèves des écoles et de nombreux villageois. Le moment le plus émouvant de cette cérémonie a assurément été quand les écoliers des deux villages ont chanté des chants en français puis en allemand.

Une volonté commune

De retour en mairie, c’est à Martin Silvanus qu’est revenu l’honneur d’entamer la série de discours. « S’il ne fallait retenir qu’un mot pour symboliser ce pont, je choisirais sans hésiter la volonté. Cette volonté commune qui nous a permis de vaincre tous les obstacles juridiques et financiers. »

M. Läpple, a lui voulu « ne retenir que le mot amitié. C’est la base de la construction européenne et ce pont en est un symbole. » Pierre Divo, le maire de Schwerdorff, après un petit historique du pont, a tenu à remercier « tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la reconstruction du pont. En ce jour, nous vivons un grand moment : reconstruire un pont, c’est aussi construire ensemble une Europe unie. » Le mot de la fin à Mme le préfet Bernadette Malgorn, qui n’a pas pu s’empêcher de faire le parallèle avec la journée de l’environnement. « L’écologie, c’est aussi une manière de vivre ensemble. Une manière d’être attentifs à la nature mais aussi aux hommes. Justement, le pont de l’amitié, qui aurait aussi très bien pu s’appeler « pont de l’amour », ressemble à un passage à gibier ou à grenouilles. Aujourd’hui, nous avons rétabli ce passage qui était coupé. Alors, vive le pont de l’amitié, vive l’amitié franco-allemande et vive…Schwerdorff ! »

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