, Municipales 2026 à La Rochelle : la Ville a connu dix maires depuis 1945, qui sont-ils

Municipales 2026 à La Rochelle : la Ville a connu dix maires depuis 1945, qui sont-ils

1945 : Georges Bonneau

Quelques jours après la reddition de l’Allemagne et la libération difficile de la poche de La Rochelle, le préfet nomme le 11 mai 1945 des délégués. Georges Bonneau, ancien pasteur et ingénieur des ponts et chaussées, est choisi pour administrer la ville meurtrie jusqu’aux premières élections municipales, dont la date est fixée à la fin du mois de septembre.

1945 : Franc Lapeyre

Franc Lapeyre, premier maire élu de la ville libre, en 1945.
Franc Lapeyre, premier maire élu de la ville libre, en 1945.

Archives Pascal Couillaud / « Sud Ouest »

Né à Duras (Lot-et-Garonne), arrivé à La Rochelle en 1934, cet inspecteur général des contributions indirectes de 45 ans, secrétaire du Comité rochelais de la Libération, est le mieux élu des 15 socialistes du nouveau conseil – devant, entre autres, Paul Villetorte, Edmond Grasset, Aristide Rondeau et Armand Bouffénie – aux côtés de 15 communistes, un radical-socialiste et un résistant sans étiquette.

Il devient le premier maire élu de la ville libre, charge qu’il assume pendant deux ans, avant les nouvelles élections organisées après le retour des nombreux Rochelais réfugiés à l’extérieur lors des combats de la poche.

1947 : Auguste Moinard

Le 19 octobre 1947, à la tête de la liste gaulliste du RPF, un Rétais de 69 ans, ancien juge au tribunal de commerce, déporté de la Résistance, réussit à déloger le maire SFIO, à qui il s’était déjà opposé deux ans plus tôt. Eugène Tabard, Édouard Mörch, Roger Lavergne ou encore René Bernard de Sainte-Affrique l’accompagnent.

Le RPF obtient 18 sièges, les communistes une dizaine, emmenés par Henri Crespin, et la SFIO de Franck Lapeyre – qui démissionne finalement en novembre – cinq. Auguste Moinard décède en cours de mandat, le 27 février 1951.

1951 : René Bernard de Saint-Affrique

Un fils de pasteur de l’Aveyron lui succède le 27 février 1951. René Bernard de Saint-Affrique, ancien directeur des papeteries Laroche-Joubert à Angoulême, s’était présenté une première fois en indépendant, en 1945. Réélu en mai 1953 à la tête d’une liste d’union républicaine, aux côtés de Paul Charrier, Édouard Mörch, René Vignat et Charles Gateau, face au SFIO de Franc Lapeyre, il démissionne le 9 juin 1958 pour des raisons de santé.

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1958 : Édouard Mörch

Un autre protestant, dans la grande tradition rochelaise, prend la suite. Issu de la dynastie Mörch, une vieille famille originaire de Norvège, dont le grand-père Wladimir œuvra pour la construction du port de la Pallice, Édouard Mörch, 61 ans, conseiller municipal depuis 1947, est premier magistrat jusqu’aux élections de 1959. Il y conduit la liste d’union républicaine, soutenue par le député à l’étiquette indépendant Alain de Lacoste-Lareymondie – le père de Jean-Marc, l’actuel président départemental du Front national -, les radicaux-socialistes et l’UNR gaulliste. Face à lui, Franck Lapeyre, toujours présent. Mais c’est de son propre camp que viendra la défaite.

1959 : André Salardaine

Placé en 33e position sur la liste d’Édouard Mörch, cet ancien gendarme de 51 ans – qui participa à la surveillance du Maréchal Pétain dans l’île d’Yeu -, garagiste et fils d’une famille de mytiliculteurs de Charron, profite des divisions au sein de la majorité de l’époque pour s’installer, à la surprise générale, dans le fauteuil de maire le 15 mars 1958. Pas pour longtemps, pensent alors ses nombreux adversaires. Mais c’est sans compter la détermination et l’autorité du président de l’UNR, élu député en 1962, qui crée le quartier de Mireuil et inaugure l’usine Simca.

Réélu difficilement député en mars 1967, il trébuche en octobre de la même année aux cantonales face à un jeune avocat vendéen de 36 ans, Michel Crépeau. L’UNR ne croit plus en lui et investit Philippe Dechartre, secrétaire d’État à l’équipement et au logement lors des législatives de 1968, après la dissolution de l’Assemblée nationale par Charles de Gaulle. Ce dernier remporte la députation. Pour André Salardaine, le divorce est consommé.

1971 : Michel Crépeau

Michel Crépeau en 1991.
Michel Crépeau en 1991.

Archives Jean-François Grousset / « Sud Ouest »

Rarement campagne municipale aura été aussi tendue à La Rochelle. Les coups bas arrivent de tous les côtés. Quatre listes s’opposent : celles de Salardaine et Dechartre à droite, Crépeau et Noël Belly (PCF) à gauche. Le 14 mars 1971, une triangulaire cristallise les passions au deuxième tour. Le maire sortant, qui ne s’est pas désisté, fait bien malgré lui le jeu de Michel Crépeau, investi par le PS et le Parti radical, qui fait ainsi son entrée à l’hôtel de ville.

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Réélu en 1977, 1983, 1989 et en 1995, député, ministre et candidat à l’élection présidentielle en 1981, il conserve l’écharpe tricolore pendant vingt-huit ans, jusqu’à sa mort, le 30 mars 1999, à 68 ans. Des vélos jaunes à l’université, son audace et sa gouaille ont marqué durablement la mémoire des Rochelais, de toutes les sensibilités politiques.

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1999 : Maxime Bono

Maxime Bono en mars 2008, il vient d’être réélu au 1ᵉʳ tour avec 58 % des suffrages.
Maxime Bono en mars 2008, il vient d’être réélu au 1ᵉʳ tour avec 58 % des suffrages.

Archives Dominique Jullian / « Sud Ouest »

La ville est en deuil, mais il faut bien continuer de gérer les affaires courantes. Successeur désigné de Crépeau, le premier adjoint socialiste Maxime Bono, ex-adjoint à la culture, ceint à l’âge de 51 ans l’écharpe tricolore plus tôt que prévu. Né à Alger, adolescent à Auch (Gers), ce passionné de théâtre et de rugby, ancien inspecteur des impôts, poursuit l’œuvre de son prédécesseur. Il est réélu en 2001 et 2008, et fait son entrée en 2002 à l’Assemblée nationale.

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Bono : trente ans d’influence

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Le maire sortant, qui annonce son retrait, longtemps considéré comme dans l’ombre de Michel Crépeau, influe en fait sur la politique de la ville depuis 1983.

Durant ses mandats, la Ville se développe, mais plus encore la Communauté d’agglomération de La Rochelle, créée en 2000 – anciennement Communauté de villes -, qui passe sous sa présidence de 18 à 28 communes et concentre aujourd’hui les compétences majeures du territoire (transports, développement économique, logement, etc.).

2014 : Jean-François Fountaine

Jean-François Fountaine pose dans son bureau à la mairie de La Rochelle, le 28 juin 2018.
Jean-François Fountaine pose dans son bureau à la mairie de La Rochelle, le 28 juin 2018.

Archives Xavier Léoty / « Sud Ouest »

Né à Paris en 1951, Jean-François Fountaine est une figure marquante de la vie politique et économique rochelaise. Ancien régatier de haut niveau, il a notamment participé aux Jeux olympiques de Montréal en 1976.

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Il est surtout connu comme cofondateur en 1980 du chantier naval Fountaine-Pajot, un leader mondial dans la construction de catamarans de plaisance. Il a également présidé la Fédération des industries nautiques.

Il a intégré le conseil municipal de La Rochelle en 1995, appelé à l’époque par la grande figure politique de la cité maritime, Michel Crépeau. Son engagement politique l’a mené à être élu maire de la ville en 2014, mandat qu’il a exercé jusqu’en juin 2025, prenant la décision de démissionner. Il est aussi président de la Communauté d’agglomération de La Rochelle, faisant de l’environnement et de la transition bas-carbone un axe majeur de sa politique locale.

2025 : Thibaut Guiraud

Le 11 juin 2025, lors de la présentation de Thibaut Guiraud, le nouveau maire de La Rochelle, après la démission de Jean-François Fountaine.
Le 11 juin 2025, lors de la présentation de Thibaut Guiraud, le nouveau maire de La Rochelle, après la démission de Jean-François Fountaine.

Archives Jean-Christophe Sounalet / « Sud Ouest »

Le 16 juin 2025, il a succédé à Jean-François Fountaine démissionnaire. Thibaut Guiraud, 44 ans, est né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), mais a grandi à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Père de deux garçons, il est arrivé à La Rochelle en 2016 et réside à la Genette. Passionné de rugby, il est chercheur de formation (doctorat en physiologie), il a dirigé la clinique Cardiocéan à Puilboreau pendant sept ans. Il a exercé ensuite une activité libérale dans le conseil et la formation des entreprises.

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Il accomplit son premier mandat d’élu municipal à La Rochelle. Il était, jusqu’à son élection en tant que maire, l’adjoint de Jean-François Fountaine aux finances et aux ressources humaines ainsi que le conseiller communautaire de l’Agglo de La Rochelle, délégué aux ressources humaines et à la mutualisation des services entre communes et intercommunalité. Il se présente politiquement comme centre-gauche sans être encarté et il continue de porter un projet d’institut médical rochelais.

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