Il était élu le plus jeune maire en France, en 1987, à l’âge de 25 ans, à Julianges (Lozère). Près de quarante ans et six mandats plus tard, Thierry Archer est toujours maire de sa commune natale en Margeride. Une longévité record dans le paysage politique et un regard unique sur la ruralité.
« En 1987, la mairie de Julianges découvre avec stupéfaction qu’elle a le plus jeune maire de France ». C’est en ces termes qu’est intronisé Thierry Archer, surnommé « le pitchoun », à l’âge de 25 ans, dans les colonnes du journal Midi Libre.

Le vingtenaire pose fièrement en blouson de cuir et les cheveux longs, des baskets aux pieds. Le plus jeune maire est revenu de la métropole vers sa commune natale, Julianges, en Margeride, où il a grandi.
Des Juliangiens pure souche
En 1983, il fait le choix d’abréger ses études de chimie à la faculté de Montpellier, et de revenir au pays. Il se présente sur une liste électorale municipale, sans étiquette politique. À sa surprise, il est élu, lui et sept candidats de sa liste, en tant qu’adjoint. La commune est peuplée de 130 habitants en 1987.
Ses deux parents sont natifs de Julianges, de génération en génération. La maison de son père est surmontée d’une plaque où figure « Archer, 1856 », et la maison de sa mère est située juste en face. » Lorsqu’ils étaient enfants, mon père et ma mère n’avaient qu’une rue qui les séparait », déclare-t-il.
Thierry Archer habite désormais la demeure de son père, une maison en pierre granitique, caractéristique des paysages de la Margeride.
En plus de son mandat politique, Thierry Archer est agriculteur, et fils d’agriculteur. Un métier qu’il continue d’exercer sans relâche. À proximité de son bureau, des vaches de race charolaise et aubrac ruminent sous un ciel nuageux.

Une longévité politique record
En 1987, le maire en poste, Jean-Pierre Malaval, démissionne pour une exploitation agricole située à quelques encablures. Une élection municipale a lieu. « Le pitchoun » se présente et la remporte, en janvier 1987.
En 2025, Thierry Archer est toujours en poste, six mandats au compteur en tant que maire, sans interruption, ainsi qu’un mandat en tant qu’adjoint. Une longévité record, à un détail près : il a troqué son blouson de cuir et ses cheveux longs.

Il est désormais vêtu d’une veste de polo blanc, à la fermeture éclair en bleu, blanc, rouge. La France l’accompagne décidément partout. Les cheveux coupés court, et des lunettes ovales, ses yeux sondent le passé dans un sourire identique à celui des années 1980.
« J’ai été maire jeune, très jeune, tout en passant à côté de certaines choses qu’un jeune a envie de faire, analyse-t-il. J’avais cet aspect et ce look différent. Au fil du temps, je me suis blindé », ajoute-t-il.
De ses 25 ans à ses 63 ans, Thierry Archer n’a arboré aucune étiquette politique, un choix constant. Il s’est intéressé aux discours et aux idées de politiques aux bords sensiblement différents, de Jacques Chirac à Jean-Luc Mélenchon.
Ce qui l’a fait tenir, c’est sa force de caractère. « Je pense que c’est ce qui m’a permis de surmonter des choses difficiles », décortique-t-il.
Une commune réhabilitée
Thierry Archer assume d’avoir « fait du mieux qu’il le pouvait« , pour sa commune natale, qui le lui a bien rendu. Il se réjouit des chantiers menés à terme. Des travaux sur la voirie, la réhabilitation de la station d’épuration, la rénovation de la salle des fêtes, et la mairie, en cours de rénovation, notamment.
Les quelques demeures qui peuplent Julianges sont entretenues, aucune façade ne paraît délabrée. Une victoire pour une commune rurale qui a perdu de la moitié de sa population en l’espace de vingt ans, passant de 70 habitants en 2006, à 48 Juliangiens en 2022.

Le panorama de Julianges débouche sur une colline, à travers les champs. L’église a été complètement réhabilitée, et une stèle commémorative des soldats morts pour la France a été inaugurée durant son mandat. Il estimait en 1987, que « 14-18 n’a pas épargné Julianges« .
Malgré ces avancées en urbanisme, l’édile estime avoir dû batailler pour décrocher des aides de l’État. « Toutes les communes sollicitent des aides dans le département, et je crains que ça ne devienne de plus en plus compliqué. On est mis sur la sellette, en tant que petite commune », affirme-t-il.
Déclin démographique
La commune dénombre moins de cinquante habitants recensés en 2022, et plus aucune école, malgré le bâtiment encore existant, ainsi qu’aucun médecin de proximité. L’illustration de la décentralisation progressive des biens et des services, au sein des communes rurales.
Le généraliste le plus proche est situé au Malzieu, à 10 kilomètres de là. Les supermarchés sont également situés au Malzieu, mais un épicier et un boucher livrent leurs produits une fois par semaine.
« Cela doit faire depuis dix ans que les services ont commencé à disparaître progressivement », estime-t-il. L’école a été rachetée par des particuliers. Il y avait deux établissements scolaires en 1800, pour les filles et pour les garçons.
La population vieillit progressivement, à l’image du déclin démographique. Le taux de natalité de Julianges est tombé à 0 lors des derniers recensements, en 2016 et 2022. « L’avenir agricole devient de plus en plus inquiétant. La majorité des agriculteurs ont mon âge, et les jeunes ne restent pas », ajoute-t-il.
2026, une perspective en suspens
En 2026, auront lieu les prochaines élections municipales. Thierry Archer s’estime « songeur », il ne sait pas encore s’il se représentera. Une première en l’espace de trente-six ans, un grand saut dans le vide.
À l’idée de cette perspective, son regard s’assombrit, il décrète : « Je me suis impliqué à fond. J’aimerais voyager, et me consacrer un peu plus à ma vie personnelle ».
Son fils a fait le choix de s’installer près d’une métropole, et ses sœurs sont parties vers d’autres destinations, loin de Julianges. Personne dans sa propre famille ne prédisait une telle longévité sur leur territoire.
Depuis la passerelle de la salle des fêtes, où son bureau est établi, il contemple cet horizon qu’il connaît si bien. « On m’a fait confiance, et c’est une forme de respect qu’il faut avoir », conclut-il, très humblement.
Un jeune agriculteur s’est installé près du hameau d’Amourettes, rattaché à Julianges. Une relève qui ressemble beaucoup à la sienne, mais sans aucune certitude.
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