, Reportage À la découverte des trésors de l’armoire de fer, « cœur battant de l’Histoire de France

Reportage À la découverte des trésors de l’armoire de fer, « cœur battant de l’Histoire de France

Saviez-vous qu’au centre des Grand Dépôts – « l’un des plus beaux bâtiments d’archives au monde » – se trouve une armoire magique ? Comme celle du Monde de Narnia , la célèbre saga littéraire de C. S. Lewis., elle nous plonge dans un univers fascinant : celui de l’Histoire de France.

Pour accéder à l’armoire de fer, il faut d’abord emprunter la cour pavée de l’hôtel de Soubise, qui abrite les Archives nationales, dans le quartier parisien du Marais. Là, niché au milieu du Trésor des Chartes, le fonds le plus ancien des archives royales, se trouve un coffre-fort imposant, dissimulé par deux portes en bois.

« Démonstration de pouvoir »

« Commandée par la première de nos Assemblées nationales, en 1790 », l’armoire de fer est un vestige de la Révolution française, nous explique Marie-Françoise Limon-Bonnet, la directrice des Archives nationales de France. Ce large meuble, composé de deux caissons de métal, permettait à l’époque de conserver aux Tuileries les planches d’assignats – la monnaie révolutionnaire – pour éviter leur falsification. La Constitution de 1791, la toute première du pays, a rapidement rejoint ses étagères.

Mais ce n’est que sous le Second Empire que l’armoire de fer devient « une sorte de cœur battant de l’histoire de France », déroule Marie-Françoise Limon-Bonnet. Napoléon III, « soucieux de réconcilier les Français à la suite des changements de régimes », aménage une nouvelle aile aux Archives nationales, développant ainsi les Grand Dépôts. Il y fait installer le coffre-fort dans la salle centrale des somptueux magasins de bois et de fonte, remplis du sol au plafond de liasses et de registres centenaires.

« La magnificence de ces lieux est une démonstration de pouvoir », appuie la directrice des Archives nationales : l’armoire de fer, « symbole de l’Histoire qui s’écrit par des sources », s’enrichit alors de pièces emblématiques. Les cinq constitutions françaises y sont aujourd’hui conservées, mais pas seulement : on y retrouve le serment du Jeu de paume, les clés de la Bastille ou encore la gazette des atours de Marie-Antoinette, qui sera bientôt prêtée au Victoria and Albert Museum de Londres. Le contenu de l’armoire s’est enrichi l’an dernier de la loi inscrivant dans la Constitution la liberté de recourir à l’IVG (interruption volontaire de grossesse).

Trois clés pas comme les autres

Au total, l’armoire de fer renferme quelque 1 150 documents, soigneusement rangés dans une trentaine de cartons recouverts de maroquin rouge, dorés à l’or fin. Pour les consulter, il faut d’abord déverrouiller le coffre, à l’aide de trois clés distinctes, aux pannetons en forme de croix et de lys. « Dédié à la Nation », peut-on lire sur l’une d’entre elles. À l’origine, elles étaient détenues par trois membres de l’Assemblée – le président, le secrétaire et l’archiviste –, qui devaient les utiliser simultanément.

Elles sont désormais placées sous la responsabilité de Marie-Françoise Limon-Bonnet, « toujours un peu inquiète de les casser » mais en même « très fière d’ouvrir ce temple de l’Histoire ». La Strasbourgeoise, récemment nommée à la tête des Archives nationales, déplace avec soin les portes de l’armoire et en sort deux versions de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

La première, manuscrite et richement reliée, a été rédigée en 1791. La seconde tient sur une minuscule capsule : elle a été encodée en 2021 sur ADN, aux côtés de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, écrite par Olympe de Gouges.

De l’intérieur du coffre-fort, véritable cabinet de curiosités mémoriel, on distingue aussi les premiers étalons du mètre et du kilogramme. À la Révolution, « il y avait entre 600 et 800 systèmes de mesures différents à travers la France », expose Marie-Françoise Limon-Bonnet. Les députés décident de les unifier, « sous la pression de la population et des scientifiques ». Naît alors le système métrique, toujours utilisé de par le monde.

Ouverte en de rares occasions

Parmi les nombreux trésors de l’armoire de fer, il y en a un que l’archiviste chérit plus que les autres : le journal de chasse de Louis XVI, et son fameux « rien », en date du 14 juillet 1789, date de la prise de la Bastille. « Les historiens ont beaucoup glosé » sur cette inscription, mais pour Marie-Françoise Limon-Bonnet, cela « montre surtout qu’on ne peut pas utiliser un document pour écrire l’histoire, si on ne s’efforce pas de le contextualiser ».

C’est avec la même passion qu’elle lit les derniers mots de Marie-Antoinette, écrit depuis la Conciergerie à la veille de son exécution. La lettre révèle « l’humilité », « l’inquiétude maternelle » et la « fermeté d’âme » de la reine dans ces derniers instants, décrypte-t-elle. « Il y a des amateurs de Marie-Antoinette qui sont fous de cette lettre et qui tiennent absolument à la voir un jour dans leur vie », sourit la directrice.

Accéder à l’armoire de fer relève néanmoins du privilège : elle n’est ouverte au public que deux fois par an, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine (qui se tiendront les 20 et 21 septembre prochains) et de la Nuit des musées.

Peu de temps après, un autre document pourrait rejoindre le coffre-fort, déjà bien chargé. Le manuscrit de l’Appel du 18 juin, tout juste cédé par la famille de Gaulle et actuellement exposé au musée des Archives nationales, devrait intégrer l’armoire de fer « cet automne », glisse Marie-Françoise Limon-Bonnet.

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